Du 23 au 30 mai, plus de 60 actions se sont tenues dans 19 pays à travers le monde avec un message clair: STOP à l’impunité des géants fossiles qui s’enrichissent en détruisant la planète et en condamnant notre avenir. Manifestations, grèves, assemblées citoyennes, actions visuelles et artistiques, et interpellations en ligne. Sous la bannière “Kick Polluters Out”, nous avons appelé de Johannesbourg à Paris, en passant par New York et Kampala, à mettre fin à la mainmise des multinationales pétro-gazières sur des territoires dans lesquels elles veulent imposer leurs projets extractivistes et mortifères.

Logo de la semaine de mobilisation mondiale contre les géants de l'industrie fossile - Kick Polluters Out - menée par 350

Nous vivons dans un contexte mondial de crise énergétique, de crise climatique et de crise du pouvoir d’achat mais aussi de montée des extrêmes droites, d’essor du carbo-fascisme [1], de multiplication des guerres et génocides et de remise en cause des politiques environnementales [2]. Faire collectivement front devient nécessaire, et c’est ce que nous avons fait durant cette semaine internationale de mobilisation contre les compagnies fossiles et leur vision du monde. À travers trois continents, nous avons appelé des banques, des investisseurs, des compagnies d’assurances mais aussi des gouvernements, à cesser d’être les complices de ces multinationales sans scrupule en arrêtant de financer leurs activités et de protéger voire de promouvoir leurs intérêts.

Mobilisation contre le néocolonialisme et les energies fossiles

Depuis la France, nous avons braqué les projecteurs sur TotalEnergies le jour de son Assemblée générale le 29 mai à la Défense. Septième entreprise la plus polluante au monde historiquement, la multinationale française est championne du monde des bombes carbone (30 en tout) et deuxième sur le podium des entreprises ayant lancé le plus grand nombre de projets d’extraction fossiles depuis 2021 (106) [3], à l’encontre de toutes les préconisations scientifiques. Alors que nous connaissons une hausse importante des prix à la pompe et de nos factures d’énergie, TotalEnergie a annoncé des profits records au premier trimestre 2026 – 5,8 milliards de dollars – notamment après avoir spéculé sur la guerre en Asie du Sud-Ouest.

Paris 29 mai 2026. (Kamil Zihnioglu/AP Content Services for Avaaz)

Aux côtés d’Action Justice Climat Paris, Attac et Avaaz, et avec l’aide d’une trentaine d’activistes déterminé·es, nous avons mené une action percutante à quelques pas de la Tour de TotalEnergies où se déroulait son Assemblée Générale. Il s’agissait pour nous de dénoncer le soutien financier et politique que l’État français continue de fournir à la multinationale , avec l’argent des contribuables [4], en dépit de sa politique extractiviste agressive en totale contradiction avec les engagements climatique de la France, et des impacts humains, climatiques et environnementaux absolument désastreux de ses projets, particulièrement en Afrique.

Mobilisation contre Glencore - Kick Polluter Out

TotalEnergies ne recule devant rien pour satisfaire sa soif de profits: piller des territoires, forcer des populations à fuir leurs terres ancestrales, détruire des vies. L’un des exemples emblématiques de cette ruée vers les fossiles c’est le méga-projet de pipeline EACOP (East African Crude Oil Pipeline).

Prise de parole durant l'action du 29 mai 2026 menée à l'occasion de l'AG de TotalEnergies

Crédits Photo : © Greenbeforedisaster

Zoom sur le projet EACOP

Imaginez un pipeline qui partirait de Paris, traverserait plusieurs pays et se finirait à Belgrade, en Serbie. 

  • Avec ses 1443 km de long (environ Paris-Belgrade en distance) EACOP traverse sur son tracé l’Ouganda et la Tanzanie.
  • Le projet a déjà causé plus de 100 000 expropriations, des déplacements forcés de populations, la profanation de tombes et cimetières [5], la répression de plus en plus importante des populations et activistes qui s’y opposent [6].
  • L’oléoduc menace de façon irréversible les systèmes d’eau douce les plus vitaux d’Afrique de l’Est. Des sources d’eau ont déjà disparu dans huit districts sur dix. Le pipeline traverse des zones humides protégées, des parcs nationaux, des bassins versants dont dépendent des dizaines de millions de personnes — dont 40 millions autour du seul lac Victoria [7].
  • Le bilan carbone du projet sur sa durée de vie est estimé à 379 millions de tonnes de CO2.
  • En Ouganda, le coût du pipeline est désormais estimé à 5,6 milliards de dollars, soit environ 55 % de surcoûts en plus, à cause des retards pris. Ces surcoûts réduiraient les revenus du gouvernement ougandais de 53 %… preuve que le projet ne profite ni aux populations ni aux états, mais bien aux actionnaires [8].

Les mobilisations locales et internationales contre ce projet ont déjà porté leurs fruits en contribuant au retrait de 70 banques et compagnies d’assurance. Le projet a donc pris beaucoup de retard mais il est en route. Il est donc crucial de maintenir la pression sur TotalEnergies et ses investisseurs pour empêcher que le pipeline ne détruise plus de vies.

La résistance et la solidarité doivent continuer au-delà de la semaine d’action. Votre soutien peut faire toute la différence.

Interpellez le gouvernement français



Sources:

[1]  Greenpeace France, Le carbofascisme : pourquoi doit-on le craindre ?

[2]  Observatoire des inégalités, Remise en cause des politiques environnementales : le peuple, un mauvais alibi 

[3] France Info, « Bombes carbone » : visualisez les plus gros sites d’extraction d’énergies fossiles dans le monde

[4] Reporterre, L’État français est l’un des principaux actionnaires de TotalEnergies grâce à l’argent des contribuables

[5] Libération, Mégaprojet pétrolier de TotalEnergies : «plus de 2 000 sépultures» affectées en Ouganda et en Tanzanie

[6] Human Rights Watch, Ouganda : Répression de voix critiquant le projet d’oléoduc

[7] Earth Insight, Menaces sur les sources d’eau : comment les dernières étapes de l’EACOP mettent en péril

[8] Agence Ecofin, Ouganda : les surcoûts du projet EACOP pèsent sur les projections de recettes pétrolières

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