Alors que les ministres du G7 se penchent sur les mesures à mettre en œuvre pour contrer les impacts économiques de la guerre en Iran, notamment le fait de puiser dans des réserves stratégiques de pétrole, l’ONG 350.org appelle les gouvernements, sous l’impulsion de la présidence française, à instaurer une taxe sur les superprofits des géants du gaz et du pétrole.
350.org estime que l’Europe a perdu 1,4 milliard d’euros en une seule semaine de conflit, à cause de la flambée des prix du gaz. C’est un exemple de plus de la vulnérabilité du continent face à sa dépendance aux énergies fossiles. En tant que présidente du G7 cette année, la France doit mener l’offensive pour briser cette addiction : les 1,4 milliard d’euros perdus auraient suffi à équiper 500 000 foyers en panneaux solaires, offrant une protection durable contre la volatilité des marchés.
L’exemple britannique montre que c’est possible : en 2022, le Royaume-Uni a imposé une taxe de 25 % sur les géants fossiles après l’invasion de l’Ukraine, récoltant ainsi 3,6 milliards de livres sterling en deux ans. Le gouvernement français ne peut plus détourner le regard : les revenus d’une telle taxe doivent servir de bouclier immédiat pour les familles et financer des solutions renouvelables locales.
Andreas Sieber, Directeur du plaidoyer, 350.org, affirme :
« Il ne s’agit pas d’une crise de l’énergie, mais d’une crise des énergies fossiles.Une semaine seulement après le début de la guerre en Iran, l’Europe a déjà perdu 1,4 milliard d’euros à cause de la hausse des prix du gaz. Au lieu de perdre une fortune, l’Europe doit accélérer la transition énergétique pour faire baisser les factures et renforcer sa sécurité énergétique.
Si l’instabilité se poursuit, les prix du carburant et de l’énergie seront de plus en plus volatiles sur les marchés mondiaux, ce qui continuera de toucher directement les ménages dans les mois à venir, à moins que des changements structurels ne soient opérés. Le soleil et le vent n’envoient pas de factures, et ils n’ont pas non plus besoin de transiter par le détroit d’Ormuz.»
Fanny Petitbon, Responsable France, 350.org déclare:
« Puiser dans les réserves stratégiques de pétrole revient à mettre à un pansement sur une plaie béante. Si les pays du G7 souhaitent vraiment stabiliser le marché mondial de l’énergie, ils doivent arrêter de protéger les entreprises qui alimentent la crise climatique tout en engrangeant des profits record et commencer à les taxer. Ce ne sont pas aux ménages de payer le prix fort pendant que les majors pétrolières voient dans la guerre au Moyen-Orient une aubaine financière. Le G7 doit prendre ses responsabilités et instaurer sans attendre une taxe sur les superprofits des géants fossiles afin de redistribuer cet argent aux citoyens et citoyennes et de financer des solutions renouvelables simples comme de la production d’énergie solaire sur son toit ou l’achat de vélos électriques.
À la tête du G7 cette année, la France doit s’attaquer au problème à la racine : nous ne pouvons pas rester dépendants des importations de pétrole et de gaz. La seule manière de sortir de cette impasse est de mettre la sortie urgente des énergies fossiles à l’agenda. »
Notes aux rédactions
- L’Union européenne consomme environ 330 à 350 milliards de mètres cubes de gaz par an.
- Cela équivaut à environ 3 300 – 3 500 térawattheures (TWh) d’énergie, soit environ 65 – 70 TWh de consommation de gaz par semaine.
- L’augmentation du prix par MWh (en moyenne 20 € au cours de la première semaine) entraîne un surcoût total estimé à 1,4 milliard d’euros en une seule semaine.
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