11 février, 2020

Les députés sous pression pour rejeter 55 nouveaux projets de gaz fossile

L’Europe — Les militants pour l’action climatique exigent que les membres du Parlement européen bloquent une proposition qui pourrait canaliser des milliards d’euros de financement de l’Union Européenne vers de nouvelles infrastructures de combustibles fossiles, responsables de la destruction du climat. Ce mercredi, les députés voteront en effet pour décider d’adopter ou non une liste de ‘projets d’intérêt commun’ (connus sous le nom de liste PCI). S’ils sont adoptés, ces projets recevront vraisemblablement un financement public et un soutien des institutions européennes. Cette proposition a déclenché une contestation importante car elle comprend 55 nouveaux projets de gaz fossile, enfreignant les lois de l’UE car incompatible avec l’accord de Paris, sans compter la complète contradiction avec la déclaration de l’UE sur l’urgence climatique.

« Le gaz fossile détruit le climat et les moyens de subsistance des communautés touchées par les processus d’exploration et de production. Mais au lieu d’éliminer le gaz fossile dès que possible, les gouvernements et les institutions européennes, y compris les banques publiques, prévoient d’investir des milliards dans de nouvelles infrastructures gazières. Nous faisons partie d’un mouvement mondial d’activistes anti-gaz qui n’accepte plus cette situation et, si nécessaire, ensemble, nous nous battrons pour nous opposer à chacun de ces projets fossiles destructeurs, » a déclaré Katja George, militante des Gastivistes de Berlin.

Vendredi, des militantes de 350.org, Extinction Rebellion et les Gastivistes se sont rassemblées devant le bureau du Parlement européen à Berlin pour s’opposer à cette proposition de liste PCI et de production de gaz fossile. Si la liste est adoptée, certains pays, comme l’Allemagne, pourraient utiliser cette décision de justifier une expansion massive des gaz fossiles.

Beaucoup d’opposants à cette liste se sont tournés vers Twitter pour exiger que les députés européens, en particulier ceux qui sont à l’origine de la déclaration d’urgence climatique de l’EU, votent pour mettre fin aux nouveaux projets de gaz fossile en Europe et pour combler cette faille qui permettrait à l’argent public de la Banque européenne d’investissement de financer le chaos climatique. L’acteur Mark Ruffalo, un opposant connu à la fracturation hydraulique, s’est également prononcé contre la proposition, car elle comprend une série de nouveaux terminaux de gaz liquéfié qui entraîneraient une augmentation des importations de gaz de schiste nord-américain en Europe.

Le lobby des gaz fossiles fait de son mieux pour convaincre les politiciens et les financiers que leur industrie représente une ‘énergie de transition’ et une solution à la crise climatique, mais c’est un argument qui ne fonctionne qu’en raisonnant pour leur propre intérêt. L’expansion des infrastructures de gaz fossile contraste fortement avec les exigences de l’UE de réduire ses émissions d’au moins 40% d’ici 2030. Les militants continueront de s’opposer aux plans d’expansion et à demander des comptes aux décideurs.

« Si elle est approuvée par les députés mercredi, cette décision pourrait libérer 24 milliards d’euros de financement pour des pipelines qui nourrissent la destruction du climat et 1,7 milliard d’euros pour les nouveaux terminaux de GNL, ce qui éclipse les 7,5 milliards d’euros qui devraient être déployés pour un “Green New Deal”. Si cette liste est acceptée, ces projets bénéficieront très probablement d’un financement d’institutions financières publiques comme la Banque européenne d’investissement, une banque qui a annoncé il y a à peine trois mois qu’elle cesserait de soutenir les énergies fossiles d’ici la fin de 2021. Si le Parlement européen adopte cette liste, ce sera de l’hypocrisie pure et simple, » a déclaré Clémence Dubois, militante chez 350.org.

L’UE doit intensifier ses efforts pour lutter contre la crise climatique et rendre justice aux communautés les plus affectées en faisant tout son possible pour garder les combustibles fossiles dans le sol, et non pas enfermer le continent dans des décennies d’émissions accrues – les pipelines et les usines de GNL ayant un cycle de vie de 40 ans. Il n’y a pas de temps à perdre: déjà en 2020, la planète a connu le mois de janvier le plus chaud depuis le début des relevés, avec une série d’impacts climatiques dévastateurs, des inondations meurtrières en Indonésie, aux feux de brousse dévastateurs en Australie et aux essaims de sauterelles qui affligent l’Afrique de l’Est.

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