TotalEnergies vient d’annoncer 5,4 milliards de dollars de bénéfices pour le seul premier trimestre 2026, en hausse de 50% par rapport à la même période l’an dernier. BP a de son côté empoché 3,2 milliards de dollars entre janvier et mars 2026, en très forte progression comparé au premier trimestre de 2025. Pendant ce temps, notre analyse révèle que la flambée des prix du pétrole et du gaz pourrait coûter aux ménages et aux entreprises jusqu’à 1 000 milliards de dollars d’ici fin 2026, si la guerre en Asie du Sud-Ouest (Moyen-Orient) se poursuit.

Ces entreprises n’ont pas mérité cet argent. Elles ont tiré profit de la guerre, d’un système à bout de souffle…et tout ça à nos dépens. Pendant que de trop nombreux civils sont tués en Iran, au Liban, en Palestine et au-delà, et que des familles aux quatre coins de la planète sont obligées de choisir entre se chauffer et se nourrir, les PDG des majors pétrolières, eux, ne se sont jamais aussi bien porté.

Ce n’est pas un accident. C’est exactement comme cela qu’un système accro aux énergies fossiles est censé fonctionner. Ces industries dépensent des milliards pour influencer des élu·es et financer la désinformation climatique avec un seul but en tête: maintenir nos sociétés dépendantes aux énergies fossiles. Et ça marche à merveille… pour eux.

À chaque guerre, chaque rupture d’approvisionnement, chaque coup de spéculation, les prix du pétrole, du gaz et du charbon s’emballent. Et à chaque hausse, c’est nous qui payons la facture. L’effet domino se ressent partout dans notre quotidien : alimentation, transport, logement. Et quand la crise climatique frappe, alimentée par ces mêmes combustibles, ce sont les communautés et les gouvernements qui absorbent le choc : aide d’urgence, logements à reconstruire, hôpitaux sous tension. Aucun de ces coûts ne figure dans le bilan financier des multinationales fossiles.

Nous payons. Ils encaissent. Ça suffit.

Partout dans le monde, des millions de personnes reçoivent des factures d’énergie ahurissantes et subissent en même temps une succession de catastrophes climatiques — inondations, sécheresses, incendies, canicules. Ce ne sont pas des crises séparées. Elles ont une seule et même cause : notre dépendance aux énergies fossiles. Mais une porte de sortie existe !

« Le constat est limpide : moins nous dépendons des fossiles, plus nous sommes protégé·es face à la volatilité des prix. Les renouvelables s’imposent désormais comme les sources d’énergie les moins chères tandis que les fossiles sont devenus synonymes d’instabilité chronique. Il est temps de faire payer les géants du pétrole et du gaz, et de rendre le pouvoir aux citoyen·nes. »Savio Carvalho, Directeur des campagnes et des réseaux, 350.org  

Le soleil et le vent sont gratuits. Une fois les installations construites, ils produisent de l’énergie sans nécessiter de carburant, sans susciter d’explosion des prix. Rien qu’en 2024, les renouvelables ont permis d’économiser 467 milliards de dollars de coûts liés aux énergies fossiles à travers le monde. La technologie existe. Ce qui manque, c’est la volonté politique de faire passer les intérêts des citoyen·nes avant ceux des gros pollueurs.

C’est précisément ce que « Nos factures, leurs profits- Reprenons l’énergie en main » veut changer.

Le 30 avril, nous avons lancé une grande campagne internationale pour en finir avec la dépendance aux fossiles et garantir l’accès à une énergie propre et abordable pour toutes et tous. Nos revendications adressées aux gouvernements sont claires : qu’ils cessent de verser de l’argent public dans les poches des entreprises de l’industrie fossile et l’investisse massivement dans les renouvelables, que les compagnies pétrolières paient enfin leur juste part via une taxe permanente sur les superprofits et profits; et que les systèmes énergétiques soient conçus pour servir les gens, pas les actionnaires. Aucune famille ne doit être laissée dans l’obscurité. Aucune communauté ne doit être exclue de la transition.

Une énergie propre et abordable n’est pas un privilège. C’est un droit. Nous avons suffisamment attendu. De Tokyo à Brasília, de Paris à Nairobi, nous sommes déjà dans les rues.

À travers le monde, on se soulève — voici nos premières actions :

🇫🇷 France — Des militant·es ont investi les abords d’une station-service TotalEnergies à Paris, avec de fausses pompes à essence déversant de l’argent directement dans les poches des actionnaires. Le lancement de Nos factures, leurs profits a eu lieu le jour de la publication des résultats financiers de TotalEnergies pour le premier trimestre trimestre 2026, avec une exigence claire : une taxe permanente sur les superprofits et profits des géants fossiles, dès maintenant.

Action devant une station TotalEnergies à Paris le 29 avril 2026 (Crédit photo: Rémy El Sibaïe/ 350.org)

 

🇯🇵 Japon — Des militant·es se sont rassemblé·es devant le bâtiment de la Diète nationale pour exiger du gouvernement qu’il mette fin aux subventions publiques aux énergies fossiles et au nucléaire, et investisse dans les renouvelables et l’efficacité énergétique. Le Japon a droit à un avenir énergétique propre, sans attendre.

Action menée par l’équipe de 350.org Japon devant le bâtiment de la Diète nationale à Tokyo (Crédit photo: 350.org Japon)

 

🇮🇩 Indonésie — Une conférence de presse conjointe et des actions ont été organisées dans trois villes sous le cri de ralliement Yang merusak, yang bayar — faisons payer ceux qui détruisent. Il est temps de révéler le coût caché des énergies fossiles, de taxer les superprofits des géants du pétrole et du gaz et de rendre l’argent aux citoyen·nes.

Action menée devant le terminal pétrolier de Lombok en Indonésie (Crédit photo: Climate Rangers Nusa Tenggara Barat)

 

🇧🇷 Brésil — Une facture d’électricité géante a été déployée devant le Congrès national avec un message on ne peut plus clair : c’est ici que votre facture d’électricité chère et polluante prend source. La campagne Isso é da Sua Conta exige une énergie plus propre et moins chère de la part de chaque candidat·e en cette année électorale au Brésil.

Des militant·es brandissent une énorme facture d’électricité pour des énergies « chères et polluantes » devant le bâtiment du Congrès national au Brésil, exigeant des candidat·es aux élections des engagements à améliorer l’accès à une énergie propre et abordable (Crédit photo : Jhaimes Sousa)

 

🇿🇦 Afrique du Sud — Nous avons lancé la campagne Free Basic Electricity Now, à travers un webinaire mobilisant les communautés à l’approche des élections locales. Notre revendication est claire : la mise en place d’un niveau plancher d’électricité garanti dans chaque foyer. Personne ne devrait vivre dans l’obscurité simplement parce qu’il ne peut pas payer. L’électricité est un droit, pas un luxe.

 

🌊 Pacifique & les Caraïbes — Des représentant·es de communautés se sont rassemblé·es devant les sièges de compagnies pétrolières australiennes avec des banderoles They Profit = We Pay, exigeant que le gouvernement australien cesse d’extraire de nouvelles ressources fossiles dans le sol et commence à payer sa juste part pour que le Pacifique puisse bâtir un avenir  alimenté à 100% par les énergies renouvelables.

Action organisée devant le siège de la BHP & Mitsubishi Alliance à Melbourne (Crédit photo : Jacynta Fa’amau / 350.org)

 

🇹🇷 Turquie — À Antalya, future ville hôte de la COP31 en novembre 2026, des militant·es ont mis en lumière le fait que la flambée des prix du pétrole et du gaz durant les 60 premiers jours de la guerre contre l’Iran a déjà coûté aux ménages et aux entreprises du pays 3 milliards de dollars supplémentaires. La campagne Geleceğe Güç Kat vise à construire un mouvement autour de l’énergie citoyenne parce qu’un système énergétique juste et abordable est possible.

À Antalya, des activistes de 350.org  ont appelé le gouvernement turc, hôte de la COP31, à faire preuve de leadership en matière d’action climatique. (Crédit photo : 350.org Türkiye)

 

🇨🇦 Canada — À travers une action d’interpellation en ligne et un webinaire, nous avons réuni militant·es et intervenant·es de premier plan afin de promouvoir des actions concrètes pour obtenir la taxation des superprofits des entreprises fossiles et leur redistribution aux familles et communautés canadiennes. Mi-avril, nous avons remis aux parlementaires canadien·nes une pétition appelant à la création d’un réseau électrique Est-Ouest pour faciliter l’accès à l’énergie propre.

À Ottawa, remise des 34 000 signatures obtenues par la pétition de 350.org Canada et ses partenaires, appelant au déblocage de fonds publics pour financer un réseau électrique allant d’Est en Ouest  Ottawa (Crédit photo : Kashmiri Kage)

 

🌍 Afrique de l’Est — Nous avons organisé une conférence de presse pour exiger que les gouvernements locaux flèchent des budgets vers la production d’une énergie propre, décentralisée et abordable. Parce que Mustakabali wetu, mikononi mwetu : notre avenir est entre nos mains.

L’équipe Afrique de l’Est de 350.org et ses partenaires à l’issue de la conférence de press organisée à Nairobi, au Kenya.

 

2026 doit être l’année où on redonne le pouvoir aux citoyen·nes

C’est le moment de prendre le pouvoir des mains des multinationales fossiles pour le redonner aux citoyen·nes. C’est le moment de passer de la flambée des prix à une énergie propre, stable et abordable. C’est le moment de dire adieu à un système pensé et construit pour une poignée d’individus et de bâtir un système au service de toutes et tous.

La technologie existe. Les arguments économiques sont limpides. Les enjeux de justice sont évidents. Il ne manque plus qu’une chose : la volonté politique, et suffisamment de voix qui l’exigent assez fort pour que les gouvernements ne puissent plus détourner le regard.

Signez la pétition. Rejoignez le mouvement.

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