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3 novembre 2026

La feuille de route mondiale sur les énergies fossiles ne laisse aux gouvernements « aucune excuse pour ne pas agir », selon 350.org

Climate protest with navy overlay

3 novembre 2026

350.org salue la publication de la feuille de route mondiale pour une transition juste, ordonnée et équitable hors des énergies fossiles, mandatée par la présidence brésilienne de la COP30. Il s’agit d’une étape importante pour transformer en actes concrets l’engagement pris à Dubaï en 2023 de tourner la page du pétrole, du gaz et du charbon.

Cette feuille de route s’appuie sur la large coalition de pays qui avait réclamé, lors de la COP30 à Belém, un plan de sortie des énergies fossiles, ainsi que sur l’élan très positif observé lors de la conférence de Santa Marta en avril. Elle offre une nouvelle occasion de renforcer la coopération internationale, de rassembler les pays prêts à aller plus vite et de mobiliser les financements et les technologies indispensables à la transition. Cap désormais sur la COP31 à Antalya, où les gouvernements devront aller au-delà des promesses et annoncer quand ils comptent soumettre leurs feuilles de route nationales.

Le texte reconnaît clairement la nécessité d’accélérer la sortie des énergies fossiles et de réduire la dépendance des économies à leur égard, tout en relevant que le recul de l’industrie fossile a commencé. Il pose un cadre solide en matière d’équité, mais celui-ci ne se traduit pas en calendriers différenciés selon les pays ni en obligations financières claires.

Les prochaines étapes seront déterminantes. Ancrer la feuille de route dans les conclusions du deuxième Bilan mondial prévu en 2028 et la décliner en plans nationaux, dans la continuité du processus de Santa Marta est la bonne direction à emprunter. Mais un document ne suffira pas. Le Brésil devra continuer à porter ce chantier avec un leadership diplomatique fort.

Fanny Petitbon, Responsable France chez 350.org :

« Cette feuille de route est un véritable mode d’emploi pour mettre fin à l’ère des énergies fossiles et ne laisse aux gouvernements aucune excuse pour ne pas agir. Elle offre à chaque pays un éventail de mesures pour construire son propre plan de sortie du charbon, du pétrole et du gaz, qu’il soit un gros producteur, un gros consommateur ou que son économie dépende fortement des importations fossiles. L’électrification est essentielle, mais elle doit reposer sur les renouvelables et garantir à toutes et tous une énergie propre et abordable. Pas question de changer de système énergétique en laissant de côté, encore une fois, les mêmes communautés.

« Ce texte ne doit pas finir au fond d’un tiroir. La France, les Pays-Bas et l’Allemagne ont publié leurs feuilles de route, mais elles restent en deçà de l’ambition qu’exige la crise climatique et de la responsabilité de ces pays dans celle-ci. Les États insulaires du Pacifique préparent leur stratégie régionale. La question posée à tous les grands émetteurs est donc simple : à quand la vôtre ? Les pays riches doivent aussi financer la transition des pays en développement, et cesser de laisser l’industrie fossile profiter d’une crise dont le coût est de plus en plus élevé pour les ménages, à la pompe comme sur leurs factures d’énergie.

« La COP31 doit marquer un tournant, celui où les gouvernements s’engagent enfin sur des calendriers précis et se donnent les moyens d’une sortie juste et ordonnée des énergies fossiles. La présidence de la COP30 a fixé le cap, et chaque futur sommet climat devra maintenir ce sujet en haut de l’agenda. Car en 2028, quand viendra l’heure du deuxième bilan sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris, on verra clairement qui a tenu la promesse faite à Dubaï de tourner la page des énergies fossiles, et qui s’en est détourné. »

Notes aux rédactions

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