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29 octobre 2026

Des milliards de profits pour TotalEnergies, des miettes pour les services publics et la transition écologique

2026-10-29 Action for Q3 profits in Paris

Alors que les député·es ont rejeté hier les amendements visant à taxer les profits fossiles dans le budget 2027, TotalEnergies affiche aujourd’hui des bénéfices indécents. La société civile fait front commun pour dénoncer ce cadeau fait aux pétroliers pendant qu’une grande partie des ménages français peinent à boucler les fins de mois. Ce matin, 350.org, Action Justice Climat Paris, Attac France et Extinction Rebellion - Carnage Total ont uni leurs forces lors d’une action visuelle près de l’Assemblée nationale pour dire haut et fort que le vote d’hier ne clôt pas le débat. La taxation des profits fossiles reste une urgence.

2026-10-29 Action for Q3 profits in Paris
350.org, Action Justice climat Paris, Attac et Extinction Rebellion-Carnage Total ont organisé une braderie des services publics et de la transition écologique près de l’Assemblée nationale, pour dénoncer les coupes budgétaires alors que TotalEnergies enchaîne les profits records. Crédit : @Rémy El Sibaïe / 350.org


Aujourd’hui, TotalEnergies a annoncé un bénéfice net à hauteur de 8,2 milliards de dollars pour le troisième trimestre 2026, en hausse de 124% sur un an. Depuis janvier, la multinationale a engrangé 19,5 milliards de dollars de profits, soit près de deux fois plus qu’à la même période en 2025, sans que ces gains exceptionnels ne soient soumis à la moindre taxe supplémentaire.

Ce manque à gagner pour l’État intervient au moment même où l’Assemblée nationale examine un projet de budget 2027 marqué par l’austérité, alors que les ménages subissent la flambée des prix de l’énergie et que la crise du pouvoir d’achat entraîne des mobilisations massives à travers tout le pays. Associations, syndicats et collectifs dénoncent des choix qui font peser l’effort sur les services publics, la transition écologique et les citoyen·nes, tout en épargnant les géants des énergies fossiles.

Une « braderie » des services publics devant l’Assemblée nationale

Ce jeudi 29 octobre, plusieurs de ces organisations ont mis en scène près de l’Assemblée nationale une braderie des services publics. Sur des stands improvisés, santé, éducation, moyens d’action pour les pompier·es ou encore transition écologique étaient soldés, à l’image des coupes prévues dans le budget. Le PDG de TotalEnergies y a fait une entrée triomphale, les bras chargés de ses gains. Invité par le gouvernement à “faire un geste”, il se contente de lancer quelques billets avant de s’éloigner.

Cette action symbolique illustre le décalage entre les bénéfices records des entreprises fossiles et les coupes imposées aux politiques publiques. Patrick Pouyanné a lui-même chiffré à 500 millions d’euros le coût du plafonnement des prix à la pompe pour 2026, soit 2,6% des profits réalisés par TotalEnergies sur les trois premiers trimestres de l’année.

Une revendication commune : taxer les profits fossiles

Rejointes par des organisations féministes, des étudiant·es, des syndicats et des gilets jaunes, nos organisations appellent les responsables politiques à taxer les superprofits et les profits des entreprises fossiles sans attendre, afin de dégager des ressources pour financer les services publics, accélérer la transition écologique et soutenir les ménages confrontés à la hausse du coût de la vie. Or tous les amendements allant en ce sens ont été rejetés par les député·es hier lors du vote sur le budget 2027.

Mais le débat ne s’arrête pas là. La question reviendra tant que les entreprises pétrolières continueront de s’enrichir pendant que les ménages peinent à payer leur plein et leur chauffage. À l’approche de l'élection présidentielle, aucun·e candidat·e ne pourra esquiver la question et devra choisir son camp: celui des profits ou celui des gens.

Hala Bounaidja, responsable communication chez 350 France:

“Aujourd’hui nous dénonçons l’injustice fiscale qui s’ajoute aux injustices sociales et climatiques. Il n’est pas concevable, à l’heure où le ras le bol s’exprime dans nos rues, où des citoyens de tous âges exigent des conditions de vie et de travail dignes, que l’on ne demande des efforts qu’à celles et ceux qui se serrent déjà la ceinture. Nos services publics quant à eux souffrent de manques de moyens chroniques.
Nous avons vécu un été catastrophique dont les scientifiques nous disent qu’il est peut-être le plus frais du reste de notre vie si on ne fait rien. Les prix du gaz, de l’électricité, de l’essence et des denrées alimentaires ne cessent d'augmenter. Pendant ce temps, des multinationales s’en mettent plein les poches, profitant des multiples crises, sans contribuer à l’effort collectif qu’on exige du reste de la France. Taxer les superprofits de TotalEnergies est une question de bon sens et d’équité.”

Nour Bounaidja, coordinatrice d’Action Justice Climat Paris :

“Nos mobilisations font face à une répression toujours plus violente, alors que nos revendications sont légitimes : défendre nos services publics, notre accès à la santé et à l’éducation, et remettre l’urgence climatique au cœur des priorités politiques. Pendant ce temps, TotalEnergies engrange des superprofits au détriment de nos vies et de notre avenir. Nous refusons que celles et ceux qui luttent soient réprimé·es tandis que celles et ceux qui détruisent notre avenir prospèrent. La justice climatique ne peut exister sans justice sociale : nous ne lâcherons rien !”

Raphaël Pradeau, porte-parole d'Attac :

“Il est inacceptable de baisser les moyens des services publics et de demander des efforts aux classes populaires alors que TotalEnergies ne paie aucun impôt sur les sociétés en France ! Le budget 2027 doit prendre des mesures pour taxer les profits excessifs, instaurer la taxation unitaire afin de neutraliser l’évasion fiscale des multinationales, et empêcher le versement d'aides publiques aux entreprises qui pratiquent l’évasion fiscale”

Lorelei Limousin, chargée de campagne Climat et Energies fossiles de Greenpeace France :

“Les compagnies pétrolières exploitent sans vergogne les personnes qui dépendent de leur voiture et tirent profit des guerres et de la destruction du climat pour se remplir les poches. Après un été marqué par des dizaines de milliers de décès liés à la canicule en Europe, des forêts en feu, des rivières et des champs asséchés, et à l’approche d’un hiver où les factures d’énergie et de carburant vont monter en flèche, il est inacceptable que ces profits ne soient toujours pas plus taxés. Les ressources générées avec une telle taxe pourraient être utilisées pour réduire les factures d’énergie des citoyen·nes, développer les énergies renouvelables locales, abordables et sûres, et soutenir les communautés touchées par la crise climatique à travers le monde”

Des photos de l’action seront disponibles dans ce drive.

Contact presse

  • Hala Bounaidja Rachedi, 350.org — 06 24 03 95 73