Il y a quelques jours, j’étais à Grenoble pour une fin de semaine dense en mobilisation. J’y ai retrouvé des jeunes de Fridays For Future Ouganda, Tanzanie, Allemagne, Pologne, Pays-Bas, Australie et France. Invité·es par le maire de Grenoble pour l’inauguration de la ville comme Capitale Verte de l’Europe des transitions en 2022, la jeune délégation soutenue par 350.org a profité de l’occasion pour bien faire du bruit autour de la lutte contre EACOP, la destruction menée par les activités fossiles de Total, et la complicité que la France apporte à cette dernière.

Evelyn Acham, membre de Rise up Movement et Fridays for Future MAPA (Most Affected People and Areas) prenant la parole pour rappeler que les projets Tilenga / EACOP sont synonymes d’enrichissement pour la France et Total, mais de destruction d’injustice, de pauvreté et d’une crise climatique plus grave que jamais pour sa communauté en Ouganda.

 

Unir nos forces et interpeller

 

Connecter avec les mouvements : Quelques heures avant la cérémonie officielle, nous avons pris la rue pour la Marche pour une écologie sociale et populaire, se connectant avec les mouvements français locaux et les invitant à l’union pour bloquer EACOP et Total.

 

Interpeller publiquement les élites politiques : La cérémonie a fourni une occasion clé de mettre en cause le soutien gouvernemental à EACOP. Alors que la France célèbre ses réalisations en matière de climat, des communautés africaines entières font face à des catastrophes climatiques désastreuses, dénonçait Isaac Ssentumbwe, membre de Rise up Movement et Fridays for Future MAPA (Most Affected People and Areas). Les firmes fossiles comme Total sont en grande partie responsables de cette crise. Elles doivent être contraintes à cesser d’exploiter les énergies fossiles.

 

Interpellée, Barbara Pompili esquive et fuit

Prenant la parole à la cérémonie après la délégation de Fridays For Future MAPA et Europe, la ministre de la Transition Écologique Barbara Pompili a reconnu que la France doit sortir au plus vite de son addiction aux énergies fossiles. Mais souci majeur, alors que les conséquences humaines et environnementales du méga-projet pétrolier de Total en Ouganda et Tanzanie sont de plus en plus connues et décriées par des millions de personnes, l’État français continue de soutenir la multinationale et ses activités destructrices. Dans les coulisses après la cérémonie, les militant·es sont allé·es à la rencontre de la ministre de la Transition Écologique Barbara Pompili pour avoir une réponse à la demande claire formulée par ces derniers : que les actes suivent les paroles et que la France retire son soutien à EACOP et dénonce les violations de Total et ses contracteurs en Ouganda.

 

Tilenga / EACOP, c’est quoi et pourquoi on s’y oppose ?

Tilenga/ EACOP est un méga-projet pétrolier et le plus long oléoduc chauffé du monde que Total s’apprête à développer en plein cœur du parc naturel des Murchison Falls dans la région des grands lacs en Afrique.

Les impacts dévastateurs de ce projet colossal en quelques points clés :

    • le projet Tilenga et ses 400 puits de forage répartis sur 34 plateformes pétrolières en bordure d’un des plus grands lacs d’Afrique, le lac Albert, en Ouganda.
    • un oléoduc, East Africa Crude Oil Pipeline « EACOP », de plus de 1400 km – la distance entre Paris et Rome – qui longerait le lac Victoria, plus grande réserve d’eau douce du continent et source du Nil, entre l’Ouganda et la Tanzanie.
    • son pétrole serait chauffé en permanence à 50 °C pour le maintenir fluide et l’acheminer jusqu’au port de Tanga, en Tanzanie, et dans ses navires-citernes internationaux.
    • un projet qui permettrait d’extraire 200 000 barils de pétrole par jour et générerait jusqu’à 34 millions de tonnes d’émissions de carbone chaque année – 7 fois ce que l’Ouganda émet chaque année et environ 1/16e des émissions de la France.
    • plus de 100 000 personnes seront privées de leurs terres et expropriées.
    • ce projet risque d’empoisonner les ressources en eau et les zones humides de l’Ouganda et de la Tanzanie, notamment le bassin du lac Victoria, dont dépendent plus de 40 millions de personnes pour leur eau potable et leur production alimentaire.
    • des violations à une multitude de droits humains : droit de propriété, droit à un niveau de vie suffisant, droit à l’alimentation, droit à l’éducation, droit à la santé, droit à un logement décent, droit à la vie et à la sûreté, droit à la liberté d’expression, d’assemblée et d’association, et droit au consentement libre, préalable et informé.
    • des menaces, harcèlements, intimidations, attaques, arrestations et emprisonnements des défenseurs·seuses de l’environnement et des droits humains et journalistiques.

 

 

Quand la France se fait complice

Le président français Emmanuel Macron aime se présenter à l’international comme un fervent défenseur du climat et des droits humains. Mais derrière ses discours se cachent une hypocrisie flagrante et une complicité inacceptable que sont venu·es dénoncer les militant·es de Fridays for Future. Le président de la République soutient ouvertement le régime autoritaire ougandais ainsi que le projet climaticide Tilenga / EACOP de Total, tandis qu’à Kampala, l’ambassade de France sert sans réserve le lobbying de Total.

Il est grand temps de mettre un terme à cette complicité. Le gouvernement français doit cesser de soutenir les projets Tilenga et EACOP de Total et dénoncer publiquement les arrestations illégales et la persécution des défenseur·es du territoire mis à risque par ce projet.

Et maintenant ?

En avril 2021, des accords ont été signés et Total vise à démarrer la production de pétrole en Ouganda en 2025. Mais la résistance de la société civile s’amplifie, porte ses fruits et est déterminée plus que jamais à empêcher ce projet de voir le jour.

Au printemps dernier, grâce à la pression coordonnée de plus de 260 organisations de la société civile, dont fait partie 350.org, 3 banques françaises et un total de 11 banques internationales ont refusé de financer le projet EACOP.

Autre avancée majeure : après 2 ans de bataille procédurale, la plainte déposée contre le groupe TotalEnergies en Ouganda par six ONG françaises et ougandaises au titre de la loi sur le devoir de vigilance sera finalement examinée. Ainsi, Total devra faire face en justice à ses responsabilités et obligations légales en matière de droits humains et environnementaux.

Passez à l’action avec nous

Le temps presse, mais EACOP peut encore être arrêté pour éviter les pires impacts sur la vie de millions de personnes en Ouganda et Tanzanie et de millions d’autres à travers le globe. Déjà, plus d’un million de personnes ont élevé leur voix contre EACOP. Nous avons besoin de vous dans ce combat.

Même si les banques françaises se sont engagées à ne pas financer le projet, elles continuent à financer Total à hauteur de dizaines de milliards d’euros depuis la signature de l’Accord de Paris sur le climat, et à tirer profit de ses activités climaticides.

Coupons le robinet financier à Total. Dénonçons ce projet et exigeons des comptes à la France. Unissons nos voix et nos forces pour s’assurer que le pays tourne le dos à notre addiction aux énergies fossiles.


Rejoignez-nous ! Ensemble, nous pouvons arrêter Total et ce projet destructeur.

 

ENVOYEZ UNE LETTRE AUX BANQUES POUR DIRE NON A EACOP

DITES AUX BANQUES DE COUPER LES FINANCEMENTS À TOTAL

 

Sources :

Site web Stop EACOP

Article Soutien de Macron à EACOP

Rapport Les Amis de la Terre  & Survie sur Total

Rapport Les Amis de la Terre sur soutien de la France à Total en Ouganda

Communiqué de presse de Total sur EACOP

Article sur le projet EACOP

Communiqué Survie « Affaire Total Ouganda : la Cour de cassation reconnaît la compétence du tribunal judiciaire »

Liste banques investissant dans EACOP

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