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12 novembre, 2020

Les banques publiques de développement doivent mener une reprise juste, mais elles nous laissent tomber

À l’occasion du tout premier sommet international des institutions financières publiques, des organisations de la société civile les exhorte à s’attaquer d’urgence à la crise climatique en arrêtant de financer les combustibles fossiles.

Des activistes de 350.org, Extinction Rebellion et Attac protestant à côté du Ministère des Finances, de la Caisse des dépôts et Consignations et de l’Agence française de développement ce 12 novembre. Crédit : Vincent Zenzel, 350.org

Monde — Pour la première fois dans l’Histoire, plus de 400 institutions financières publiques du monde entier se sont réunies afin d’échanger sur les politiques qui assureraient une transition juste et durable vers un avenir meilleur pour tou·t·e·s, si elles étaient adoptées.  

Dans le contexte de la crise du COVID-19, toutes les banques participantes avaient convenu de travailler pour s’aligner sur l’Accord de Paris, les objectifs de développement durable et les objectifs de biodiversité. Mais elles n’ont pas réussi à démontrer comment ces principes se traduiraient par des engagements concrets et mesurables et les organisations de la société civile sont extrêmement critiques quant aux résultats du Sommet Finance in Common (FiC) et préviennent qu’il s’agit là encore d’un autre occasion manquée.

Le sommet s’est tenu les 11 et 12 novembre 2020  et a mis en lumière le rôle crucial des banques publiques de développement (BPD) dans la mise en œuvre de mesures de relance durable qui auront un impact à long terme sur la planète et les communautés. Une déclaration commune signée par plus de 320 organisations de la société civile a appelé les BPD à consacrer leurs ressources financières et leur influence considérables à la construction d’un avenir juste, équitable, inclusif et durable pour toutes et tous. Mais l’absence manifeste d’engagements concrets assortis de délais a rendu les engagements de la FiC bien en deçà du niveau d’ambition attendu des banques publiques de développement.

« Du fait de leur mandat public, les banques de développement ont la grande responsabilité de s’assurer que les investissements bénéficient directement aux communautés. Nous les exhortons à cesser de financer des projets de combustibles fossiles et de placer les droits humains, la justice climatique au cœur de leurs actions. Elles doivent saisir l’occasion de donner l’exemple et d’amorcer un changement profond et rapide de leur mode de fonctionnement, dans le respect de la reprise juste pour tou·t·e·s. Mais elles décident de rester à la traîne. La limitation du réchauffement climatique à 1,5°C, la protection des communautés et la garantie d’une justice climatique devraient être les principaux moteurs de l’action de tous les secteurs de notre société au cours des prochaines années », a déclaré Clémence Dubois, responsable d’équipe chez 350.org France.

Le sommet « Finances en commun » représente une étape parmi tant d’autres. Dans un mois, le 12 décembre, nous fêterons le cinquième anniversaire de l’accord de Paris. Les cinq dernières années n’ont pas été suffisamment marquées par l’action climatique. Les pays du G20 consacrent encore chaque année trois fois plus d’argent aux combustibles fossiles qu’aux énergies propres, et cela n’a pas évolué malgré leurs engagements publics dans le cadre de l’accord de Paris sur le climat. Cette occasion devrait permettre d’accélérer le mouvement en vue d’une véritable mise en œuvre de ses objectifs, notamment pour aligner les flux financiers sur les « mesures en faveur de faibles émissions de gaz à effet de serre et d’un développement résistant à l’épreuve du climat ».

Dans la perspective de la COP26, où le financement sera un sujet clé, les organisations de la société civile appellent les institutions financières à donner l’exemple et à soutenir davantage une transition juste sans combustibles fossiles. Elles doivent augmenter la part des financements consacrée à l’action climatique afin d’aider les pays à accélérer leur passage au développement fondé sur de faibles émissions de carbone, s’engager à respecter pleinement l’accord de Paris et soutenir les efforts d’autres institutions financières visant à mettre en œuvre des engagements similaires.

« Nous devons faire en sorte que les institutions financières publiques se désengagent des combustibles fossiles de toute urgence. Il est temps que ces structures financées par des fonds publics fassent le bon choix et s’assurent que les ressources disponibles seront dépensées pour créer l’avenir dont nous avons besoin. Nous avons une opportunité historique de provoquer un changement réel et transformateur et de mieux reconstruire, dans le respect des objectifs climatiques et durables. Un véritable leadership de la part des banques publiques enverrait un signal politique fort au secteur privé et permettrait de créer un élan de réussite pour la COP 26 en 2021. Dans un contexte de crise climatique effrénée et d’enjeux aussi importants pour l’emploi et la santé des citoyens, il ne suffit pas de faire semblant de répondre à la nécessité d’une reprise juste et d’une transition vers une économie sobre en carbone », a déclaré May Boeve, directrice exécutive de 350.org.

NOTE AUX RÉDACTEURS : Des groupes de la société civile ont organisé des actions au Nigeria, au Brésil, aux Philippines et en France pour demander aux banques de développement de cesser de financer des projets de combustibles fossiles. Les photos et vidéos sont disponibles ICI.

DÉCLARATIONS

Landry Ninteretse, chef de l’équipe 350.org Afrique :

« En tant que citoyen·n·e·s africain·e·s inquiet·e·s, nous sommes convaincu·e·s que le monde a besoin d’un avenir qui ne produit plus d’énergie en brûlant de combustibles fossiles. Il est totalement inacceptable que les institutions financières publiques continuent à financer des projets de combustibles fossiles alors que les millions de personnes les plus touchées par la crise climatique et sanitaire se battent pour avoir accès à des soins, à une protection sociale et à des aides économiques appropriés. Les banques de développement doivent montrer l’exemple et orienter l’argent public en faveur d’une reprise véritablement saine, équitable, durable et juste. Cela constituerait un premier pas fort vers la construction d’une véritable résilience pour les populations et la planète ».

Chuck Baclagon, responsable de la campagne Finance en 350.org Asie :

« Alors que les dirigeant·e·s et les personnes d’influence du secteur financier se réunissent, en Asie nous commençons à peine à réparer les dégâts causés par la plus forte tempête de cette année, le super-typhon Goni, en pleine pandémie. Les institutions financières publiques ont la responsabilité de dessiner un avenir qui garantisse que l’Asie puisse prospérer de manière juste et durable, en modifiant les flux financiers afin de s’éloigner des combustibles fossiles et d’aller vers une économie qui donne la priorité à de faibles émissions de carbone et à la santé. Elles doivent s’engager, avec un calendrier précis, à cesser de soutenir les projets de combustibles fossiles et à veiller à ce que l’argent serve à construire des sociétés durables, saines et résilientes ».

Ilan Zugman, directeur général par intérim pour 350.org Amérique Latine :

« De nombreux pays d’Amérique latine figurent parmi ceux qui ont proportionnellement connu le plus grand nombre de décès et des pertes économiques plus importantes à cause du Covid-19. Cependant, les scientifiques préviennent que ces dommages risqueront de nous sembler moindres par rapport à ceux que la crise climatique pourrait causer si les pires scénarios de réchauffement de la planète se produisent. La reprise économique de l’Amérique latine n’aura de sens que si elle s’accompagne de mesures visant à réduire les émissions et à renforcer la résilience de nos pays face au climat. C’est pourquoi les banques de développement doivent prendre des engagements exhaustifs et urgents de cesser totalement de financer des projets de l’industrie fossile. L’argent des contribuables doit stimuler la création d’emplois dans des secteurs qui profitent aux familles les plus vulnérables, tels que l’énergie propre, la mobilité urbaine et la santé publique ».

Eri Watanabe, responsable de la campagne de financement en 350.org Japon :

« La récente promesse de « neutralité carbone » en 2050 du Premier ministre Suga n’aura de sens que si les institutions financières publiques du Japon cessent de soutenir les projets de combustibles fossiles. Afin de ralentir le réchauffement de la Terre, la JICA, la JBIC et la NEXI doivent cesser de financer des centrales électriques au charbon au Bangladesh, en Indonésie et au Vietnam au nom de la « coopération internationale ». Elles doivent au contraire soutenir des sources d’énergie durables pour les communautés des pays en développement qui souffrent le plus de la double crise de COVID-19 et de changement climatique ».

Fenton Lutunatabua, Directeur général pour 350.org Pacifique :

« Les habitant·e·s du Pacifique se battent pour sauver leurs habitations, leurs vies, et pour renverser la tendance du changement climatique. Les banques publiques de développement du monde entier doivent se joindre à ce combat de manière solidaire en s’engageant à une juste reprise après le COVID-19, et en cessant d’investir dans l’industrie des combustibles fossiles, la plus grande source d’émissions de carbone. Il n’y a pas de temps à perdre. Ces institutions doivent mettre en place des politiques qui permettront de se désengager des industries de carbone polluantes et de soutenir à la place des solutions d’énergie renouvelable afin que chacun·e puisse continuer à prospérer ».

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