350.org réagit au rapport de l’ONU confirmant que la barre des 1,5°C est en passe d’être franchie : « Chaque dixième de degré » mérite d’être défendu
Le seuil de réchauffement climatique de 1,5°C devrait probablement être franchi dans les prochaines années, selon un nouveau rapport majeur du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), publié aujourd’hui. Limiting Overshoot révèle que même le scénario le plus optimiste prévoit désormais une hausse maximale de la température de 1,8°C, la plupart des autres projections étant encore plus élevées. Toutefois, il conclut qu’une trajectoire de « dépassement, pic et déclin » peut encore ramener le réchauffement mondial sous la barre des 1,5°C si les gouvernements agissent immédiatement pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et sortir durablement des énergies fossiles.
Un avertissement – et un appel à l’action
Pour 350.org, ce rapport est à la fois un avertissement et un appel à l’action. Bien que le dépassement de la barre des 1,5°C semble désormais inévitable, sa durée et la gravité de ses impacts ne sont pas gravées dans le marbre : elles dépendront des choix politiques faits aujourd’hui.
Sauver chaque dixième de degré
Fenton Lutunatabua, Responsable des Programmes pour le Pacifique et les Caraïbes chez 350.org :
« Nous devons absolument nous battre pour sauver chaque dixième de degré. Ce n’est pas parce que le dépassement est jugé inévitable que nous allons baisser les bras et ne pas tout faire pour qu’il dure le moins longtemps possible. Il est encore en notre pouvoir de limiter la hausse des températures et la durée pendant laquelle elles resteront au-dessus de 1,5°C. Chaque jour passé au-dessus de ce seuil, c’est un nouveau littoral englouti, une nouvelle parcelle agricole inondée, un nouveau récif corallien perdu.
« Les données scientifiques sont sans appel et les solutions existent : ce qui manque, c’est la volonté politique de les mettre en œuvre. Alors que nos dirigeants se réunissent à Palau pour le Forum des leaders du Pacifique, tous les regards se tournent vers l’Australie, l’un des plus grands exportateurs mondiaux d’énergies fossiles, qui co-présidera la COP 31. Le pays va-t-il enfin apporter une réponse à la hauteur de cet ultimatum? Tout retard pris en matière d’atténuation et de sortie du charbon, du pétrole et du gaz, ne fera qu’alourdir et rendre encore plus cher le fardeau de notre adaptation. »
Les conséquences du retard en matière d’action climatique
Savio Carvalho, Directeur des campagnes et des réseaux chez 350.org :
« Ce rapport confirme ce que les communautés en première ligne de la crise climatique nous répètent depuis des années : prendre du retard n’est pas neutre, c’est un choix délibéré aux lourdes conséquences.
Nous venons d’assister à l’effondrement d’un glacier qui a enseveli des communautés himalayennes sous la boue et l’eau, et nous voyons, en temps réel, les nations du Pacifique perdre peu à peu leurs terres face à la montée des océans. Le PNUE a raison : dépasser la barre des 1,5°C ne signifie pas que nous devons nous résigner.
L’ampleur et la durée de ce dépassement dépendent encore des décisions que les gouvernements prendront cette année sur la sortie des énergies fossiles, les transferts de technologies et le soutien financier aux pays les moins responsables et les plus exposés à la crise climatique. Limiter le dépassement passe obligatoirement par une seule chose : stopper, dès aujourd’hui, toute nouvelle expansion du charbon, du pétrole et du gaz. »
Sortir des énergies fossiles
Le rapport du PNUE met en garde contre le fait qu’au-delà de 1,5°C, les risques climatiques et la probabilité de déclencher des points de basculement irréversibles, notamment la déstabilisation des principales calottes glaciaires, la dégradation de la forêt amazonienne et la perturbation de la Circulation Méridionale de Retournement dans l’Atlantique, s’intensifient avec chaque dixième de degré supplémentaire et chaque année passée au-delà de ce seuil. Il souligne que la capture du dioxyde de carbone dans l’atmosphère ne peut contribuer de manière crédible à un retour sous la barre des 1,5°C que si elle vient s’ajouter à, et non se substituer, à des réductions massives et immédiates des émissions liées à la combustion des énergies fossiles. Le rapport rappelle que les pays ayant la plus grande responsabilité historique dans cette crise doivent agir le plus rapidement et avec la plus grande ambition possible.
350.org appelle les gouvernements, ainsi que les principaux exportateurs d’énergies fossiles qui se réunissent cette semaine à Palau avec les leaders du Pacifique à l’occasion du Forum des îles du Pacifique, à considérer ce rapport comme un mandat pour accélérer la sortie du charbon, du pétrole et du gaz, et non comme une excuse pour retarder davantage cette transition.
Contact média : Kim Bryan : [email protected] | +44 7770881503
À propos de 350.org : 350.org est un mouvement climatique mondial qui œuvre pour mettre fin à l’ère des énergies fossiles et construire un avenir digne et juste pour toutes et tous, alimenté par les énergies renouvelables.