Parfait timing! Au milieu d’une autre vague de chaleur record, la proposition de la banque de l’Union européenne de mettre fin à tout financement des combustibles fossiles arrive comme une bouffée d’air frais. 

La banque européenne d’investissement (BEI), la plus grande banque multilatérale mondiale, a publié vendredi 26 juillet une première version de sa nouvelle politique de prêt dans le domaine de l’énergie, qui doit être discutée avec les Etats actionnaires début septembre.

Dans sa version actuelle, la banque propose notamment de mettre un terme à ses soutiens aux énergies fossiles d’ici fin 2020. Entre 2015 et 2018, cela représentait 7,9 milliards d’euros. La France, dont la position est ambiguë sur la question, soutiendra-t-elle ce texte ou se rangera-t-elle du côté des lobbys gaziers ?

Il s’agirait d’un grand pas en avant, nécessaire pour aligner les activités de la banque avec les objectifs de l’Accord de Paris, comme elle s’y est engagée. Un rapport publié par les Amis de la Terre, Oxfam et le Réseau Action Climat démontre en effet que la banque publique est aujourd’hui encore loin d’avoir mis en oeuvre cet engagement.

C’est une super nouvelle:

 

Et maintenant?

“Cette proposition est le résultat de la pression croissante des citoyens européens qui se sont mobilisés pour exiger que la BEI ne se serve plus de notre argent pour financer le développement de projets d’énergie fossile en Europe et ailleurs dans le monde. Cette nouvelle redouble notre détermination. Des actions s’organisent en France et à travers l’Europe pour que les ministres des Finances des États membres prennent des décisions conformes aux objectifs nationaux et internationaux.” Clémence Dubois, porte-parole pour 350.org 

Le conseil d’administration de la Banque doit approuver ce projet de politique. Nos ministres des finances nationaux siègent à ce conseil et il est essentiel qu’ils suivent le leadership de la BEI en matière de lutte contre le changement climatique et son soutien à la nouvelle politique de prêt à l’énergie.

En France et à travers l’Europe, nous allons faire pression sur les ministres des finances !  La France jouera un rôle clé dans ces négociations. Or, la position initiale de la France transmise à la BEI lors de la phase de consultation restait très floue sur la question du gaz fossile.

« Ce gouvernement est-il sincère lorsqu’il dit vouloir transformer la BEI en banque européenne du climat ? Si oui, il doit soutenir publiquement la fin du soutien aux énergies fossiles de la banque publique. Ce sera le crash test. Nous attendons des réponses claires de la part de Bruno Le Maire sur cette question. » déclare Cécile Marchand, chargée de campagne climat et acteurs publics aux Amis de la Terre.

Partagez ce message à Bruno Le Maire : 

 

 

“Ce nouvel été expose toujours plus de populations à travers la planète aux conséquences de la crise climatique. Nous nous élevons pour dénoncer le principal coupable, l’industrie fossile en perturbant ses soutiens financiers et politiques. Nous sommes plein d’espoir et de détermination et nous ne laisserons pas Bruno Le Maire et nos décideurs s’opposer aux solutions concrètes qui peuvent nous permettre de construire un futur possible et juste.”ajoute Pierrick Jalby du mouvement Zéro Fossile.