12 octobre, 2020

350.org demande aux banques publiques qu’elles tracent la voie vers une relance juste au sortir de la crise sanitaire et économique.

Avant la tenue du tout premier sommet international des institutions financières publiques, les groupes de la société civile exigent de mettre un terme au financement de l’industrie fossile et de répudier les dettes coloniales. 

Mondial — Dans exactement un mois, les Banques publiques de Développement et d’autres institutions financières du monde entier auront une occasion unique de tracer la voie vers un avenir meilleur, plus juste et plus propre pour tous. Le sommet Finance en commun (FiC), organisé par l’Agence française de Développement – AFD, aura lieu du 10 au 12 novembre à Paris. Près de 450 banques, qui cumulent environ 2 milliards de dollars américains en fonds publics, se réuniront en vue de déclarer leur volonté d’aligner leurs politiques sur les objectifs du développement durable, tels que le climat et la biodiversité.

« La crise climatique nous impose de limiter le réchauffement planétaire à 1,5°C. La seule manière de le faire, c’est d’abandonner rapidement la production et l’utilisation d’énergies fossiles. Pourtant, les banques de Développement sont à la traîne et continue de soutenir le développement de combustibles fossiles, c’est inexcusable. Dans ce contexte d’urgence sanitaire et de relance économique, les fonds publics doivent  profiter exclusivement aux solutions pour créer de nouveaux emplois et soutenir les populations les plus touchées. Les institutions financières publiques sont responsables de la planète et de ses habitants. Après tout, il s’agit de notre argent et ce qu’ils font avec est déterminant pour nos vies et notre avenir  » explique Clémence Dubois, responsable d’équipe France, 350.org.

Les gouvernements et les institutions financières publiques pour le moment ne mènent pas des politiques qui vont dans la bonne direction. Récemment, un rapport indiquait que les gouvernements du G20 continuaient d’injecter chaque année des fonds publics à hauteur de 77 milliards de dollars américains dans le secteur charbonnier, pétrolier et gazier. Quelques institutions de ces pays se sont déjà engagées à supprimer les financements publics octroyés aux combustibles fossiles, comme la Banque européenne d’investissement (BEI), Swedfund et l’AFD. Ce sommet sera l’occasion pour toutes les institutions financières de suivre leur exemple et de parvenir à cette norme minimale dans le cadre de leurs efforts visant à s’aligner sur l’Accord de Paris.

Les organisations de la société civile demandent des engagements ambitieux qui soutiennent une transition juste à l’échelle planétaire en faveur de l’abandon des combustibles fossiles et qui protègent les travailleurs, les citoyens, les populations et l’environnement. Ces demandes sont de plus en plus importantes à un moment où les gouvernements se préparent à déployer des fonds publics à des niveaux sans précédent en réponse à la crise de la COVID-19. Un engagement de ce type doit être concret et tangible. Il permettrait de placer la barre plus haut pour que les institutions financières publiques prennent solidement en main les rênes de la lutte pour le climat. Exclure le soutien dédié aux projets fossiles indique clairement aux autres acteurs financiers que la transition énergétique est déjà en cours.

Cette semaine est également la Semaine mondiale d’action contre la dette. Promue par plusieurs organisations et mouvements de différents pays des quatre coins du monde, l’initiative examine le problème de la dette qui touche défavorablement les pays du Sud depuis des dizaines d’années. Cette séquelle de la colonisation a été exposée pendant la pandémie et les crises économiques en découlant.

« Lorsque les grandes institutions financières prêtent des fonds aux pays du Sud pour développer des projets fossiles, non seulement elles financent la destruction du climat, affaiblissent les processus démocratiques et les lois, renforcent la pauvreté et les inégalités et violent les droits humains, mais aussi, elles condamnent les générations d’aujourd’hui et de demain à l’esclavage de la dette. Les dettes contractées pour financer les projets fossiles destructeurs au prix d’un chaos climatique sont totalement illégitimes et ne doivent pas être repayées. Les institutions financières publiques doivent les répudier et en interdire de nouvelles , » déclare Alex Lenferna, chargé de campagne pour la justice climatique pour 350.org Afrique.

 

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