17 avril, 2018

En choisissant de soutenir Kinder Morgan, Justin Trudeau bafoue ses engagements sur le climat et le respect des droits autochtones

Paris, 17 avril 2018 –

A propos de la visite du premier ministre canadien Justin Trudeau à Paris, Clémence Dubois, chargée de campagne pour 350.org en France déclare :

« À l’heure où de nombreuses institutions désinvestissent des énergies fossiles, se retirent des sables bitumineux d’Alberta, et que les gouvernements cessent de subventionner l’industrie pétrolière, il est injustifiable que Justin Trudeau soutienne coûte que coûte un projet d’oléoduc comme Kinder Morgan : qu’il choisisse d’investir des fonds publics pour sauver le projet et forcer la construction du pipeline est inacceptable.

Justin Trudeau utilise sa réputation sur la scène internationale pour se positionner en leader dans la lutte contre les dérèglements climatiques et pour le respect des droits autochtones, mais il bafoue ses engagements sur ces deux fronts en appuyant Kinder Morgan malgré l’ampleur de l’opposition dans son propre pays. En ce sens, Justin Trudeau perd toute crédibilité dans son discours et se range du même côté que Total et autres géants de l’industrie pétrolière investissant au Canada, qui entravent les progrès en matière de climat et de justice pour les peuples autochtones. »

Nicole Léonard de la campagne Sciences Po Zéro Fossile réagit au passage du premier ministre canadien Justin Trudeau à Sciences Po:

« Le premier ministre Justin Trudeau a vanté ses mesures en matière de climat lors de son passage dans notre école. Mais il est pourtant clair qu’on ne peut pas respecter les engagements de l’Accord de Paris tout en construisant de nouveaux oléoducs pour augmenter la production d’un des pétroles les plus polluants du monde. Est-ce que Justin Trudeau restera dans l’histoire comme un premier ministre qui aura respecté ses promesses de l’Accord de Paris, ou comme celui qui aura forcé le passage d’un oléoduc que des communautés autochtones refusent sur leur territoire au Canada? Nous étions à Sciences Po aujourd’hui pour lui poser cette question et envoyer le message que la jeunesse partout dans le monde a les yeux rivés sur le Canada et exige que Trudeau change de cap.»

Le projet de pipeline Trans Mountain de Kinder Morgan vise à augmenter la production de pétrole de sables bitumineux d’Alberta et acheminer ce pétrole sur la côte ouest pour l’exporter vers les États-Unis et l’Asie. Le projet d’expansion triplerait presque la capacité de l’oléoduc existant qui traverse les provinces de l’Alberta et de la Colombie-Britannique jusqu’à Burnaby, en banlieue de Vancouver, et entraînerait une augmentation du trafic pétrolier maritime avec 7 fois plus de supertankers, portant un risque de déversement plus élevé. Le projet a été approuvé par le gouvernement fédéral de Justin Trudeau en 2016 mais fait face à une ferme opposition de la part des communautés locales, des Peuples autochtones sur le tracé de l’oléoduc et au-delà, de scientifiques du climat, des maires de Vancouver et Burnaby, de nombreux députés fédéraux, et du gouvernement provincial de la Colombie-Britannique. Il y a quelques semaines, la compagnie Kinder Morgan a annoncé qu’elle suspendait ses dépenses non-essentielles sur le projet tant qu’elle n’avait pas certitude qu’il pourrait aller de l’avant, il y avait depuis des mois des manifestations menée par les communautés autochtones à Burnaby, notamment où près de 200 personnes ont été arrêtées pour exprimer leur opposition au projet.