Les 18 et 19 mai, Paris a accueilli la réunion ministérielle des Finances du G7, réunissant ministres et gouverneurs de banques centrales des principales puissances mondiales, aux côtés de leurs homologues du Brésil, d’Inde, du Kenya, de Corée du Sud, d’Ukraine, de Syrie, du Qatar et des Émirats arabes unis. Derrière ce sommet diplomatique de premier plan et l’appel du G7 à développer des sources innovantes de financement pour faire face aux multiples crises, Roland Lescure, qui présidait les échanges au nom de la France, a pourtant laissé passer une occasion historique.
Alors que les majors des énergies fossiles ont engrangé des profits records au premier trimestre 2026 portés par le conflit en cours en Asie du Sud-Ouest, l’ONG 350 dénonce le flagrant manque de courage politique de la présidence française du G7 qui a choisi de ne pas inscrire la taxation des profits exceptionnels de l’industrie pétrolière et gazière à l’agenda des discussions.
Fanny Petitbon, responsable France pour l’ONG 350, a déclaré :
« La France a bâti sa présidence du G7 sur la promesse audacieuse d’utiliser ce forum comme levier pour renforcer la sécurité économique en temps de crise et répondre aux préoccupations légitimes des citoyen·nes. Mais ces belles paroles sonnent bien creux. Lorsqu’il s’agit de taxer les profits indécents engrangés par les entreprises pétrolières et gazières depuis le déut de l’année, Paris a fait le choix de se taire. Pas un seul mot n’y fait référence dans le communiqué final. Une fois de plus, ce sont les intérêts d’une minorité puissante qui sont protégés. Des entreprises comme TotalEnergies, qui se vantent de leur soi-disant flair alors qu’elles n’ont fait que spéculer sur la guerre et la souffrance humaine, ont encaissé des milliards de dollars tandis que des millions de familles à travers le monde en paient le prix à la pompe et via leurs factures d’énergie.
L’initiative du G7 visant à élargir l’accès à l’assurance pour les personnes et les pays frappés par des catastrophes climatiques est louable, mais tant qu’on ne s’attaque pas à la source du problème – les énergies fossiles- et qu’on n’oblige pas les plus gros pollueurs à payer, ce sont les contribuables qui continueront de payer pour réparer les dégâts causés par les géants fossiles en toute impunité.
Bien qu’Emmanuel Macron ait voulu se forger une image de champion de la justice climatique et économique, ce silence en dit long. Est-ce vraiment l’héritage qu’il souhaite laisser à l’issue de sa dernière présidence du G7 ? Le sommet des dirigeants qui se tiendra à Évian du 15 au 17 juin est la dernière chance de corriger le tir et d’enfin faire passer les personnes avant les profits. »
Notes à l’intention des rédactions :
- 350 a mené une tempête digitale ciblant Roland Lescure à l’approche de la réunion des ministres des Finances du G7. Malgré les centaines de commentaires publiés par des citoyen·nes sur les posts du ministre, la question de la taxation des profits records de l’industrie fossile n’a pas été ajoutée à l’ordre du jour officiel de la réunion qui s’est tenue à Paris ces 2 derniers jours.
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