Le président américain Donald Trump a signé un décret retirant les États-Unis de 66 organisations internationales, dont la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), traité datant de 1992 qui encadre la coopération internationale en matière de lutte contre le changement climatique, ainsi que de l’autorité scientifique qu’est le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Le président Trump a déclaré que ces organisations faisaient la promotion de « politiques climatiques radicales » et d’une gouvernance mondiale qui « ne servent plus les intérêts américains ».
Alors que le président Trump affirme que les contribuables américains ont dépensé des milliards pour les traités des Nations unies sans « grand retour sur investissement », l’accord de Paris à lui seul a permis d’infléchir la trajectoire de réchauffement prévu d’ici 2100 de 3,6 °C à 2,7 °C grâce à la coopération internationale en matière de climat. Cette semaine marque tristement le premier anniversaire des incendies de Los Angeles, dopés par le changement climatique, qui ont contraint 100 000 Américain·e·s à fuir leur domicile, coûté la vie à plus de 400 d’entre eux, et généré 60 milliards de dollars de dégâts. Cela devrait servir de piqûre de rappel au président américain sur ce que le chaos climatique signifie pour ses propres citoyen·ne·s.
Fanny Petitbon, Responsable France chez 350.org :
« En tournant le dos à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, le président Donald Trump commet une faute historique, tant humaine qu’économique. Alors que Los Angeles porte encore les stigmates des méga-feux dopés par la crise climatique d’il y a un an, cette décision met à mal l’avenir des citoyen·ne·s américain·e·s de plus en plus touché·e·s par des cyclones, incendies et inondations, tout en portant un sérieux coup à la compétitivité américaine face à l’inéluctable révolution verte. La sortie des États-Unis de l’Accord de Paris et de la CCNUCC sont des revers pour la diplomatie climatique mais aucun autre pays ne leur a emboîté le pas. Isolé diplomatiquement, Washington laisse le champ libre à la France, forte de sa présidence du G7, de transformer ce revers en un sursaut mondial pour une sortie juste et définitive des énergies fossiles.
Savio Carvalho, Directeur des campagnes et des réseaux chez 350.org :
« Les États-Unis se tirent une balle dans le pied en devenant le seul pays au monde à se retirer de la course contre la montre dans laquelle l’humanité est engagée pour sauver la planète et les générations futures. Les énergies renouvelables sont en train de changer rapidement et profondément les ressorts de l’économie mondiale. Quitter la CCNUCC dans une tentative désespérée de s’accrocher à l’ancien monde des énergies fossiles ne leur permettra pas de gagner en force économique, mais au contraire les condamnera à la faiblesse et à l’isolement. Cela ne nous empêchera pas de continuer à exiger des États-Unis, le plus grand émetteur historique de gaz à effet de serre au monde, qu’ils remplissent leur devoir moral de réduire leurs émissions et de soutenir les populations les plus vulnérables au changement climatique. Cela n’arrêtera pas non plus les plus de 80 pays qui ont affirmé lors de la COP30 leur détermination à développer une feuille de route de sortie du pétrole, du gaz et du charbon. Le président Trump ne peut pas bloquer la dynamique mondiale en faveur des énergies propres et de la justice climatique, mais il fait perdre aux États-Unis des milliards d’investissements en faveur de la protection du climat et tirent un trait sur le fait de montrer l’exemple, alors que de plus en plus d’entreprises, de gouvernements et de communautés en première ligne des impacts climatiques, construisent déjà l’économie de demain basée sur les renouvelables. »
Fenton Lutunatabua, Responsable du programme Pacifique et Caraïbes chez 350.org :
« La coopération internationale en matière de climat ne devrait pas être à la merci des décisions du gouvernement américain, et nous continuons à compter sur notre propre peuple pour faire preuve d’un véritable leadership climatique. Malgré le blocage des pays riches, le Pacifique a toujours défendu la fin des énergies fossiles et a permis de décrocher la décision historique de la Cour internationale de justice sur le climat. Ce n’est pas le moment pour d’autres gros émetteurs historiques d’échapper à leurs responsabilités, comme le font les États-Unis. Alors que ceux qui détiennent le pouvoir cherchent à diviser la communauté internationale, il est plus important que jamais de rester uni·e·s dans notre combat pour garantir un avenir sûr et viable à nos enfants. »
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