Alors que la crise climatique n’a jamais été aussi pressante, le Sénat a adopté hier en séance publique une proposition de loi visant à relancer l’extraction d’hydrocarbures dans les territoires d’Outre-mer. En tentant de ressusciter des projets pétroliers et gaziers, le Sénat opère un recul démocratique et environnemental sans précédent, piétinant l’héritage de la loi Hulot.
Cette décision, prise à rebours de la science et de l’avis de la Cour internationale de justice concernant les obligations des États en matière de changement climatique, constitue une provocation envers les populations ultra-marines. À l’heure où chaque dixième de degré compte, ce texte nuit à la crédibilité de la France en matière de leadership climatique.
Fanny Petitbon, Responsable France de l’ONG 350.org:
« En offrant les Outre-mer sur un plateau aux lobbies pétroliers, le Sénat signe le sabordage des engagements climatiques de la France dont l’accord de Paris. Prétendre que l’extraction de pétrole et de gaz garantit notre souveraineté énergétique est un mensonge cynique et une insulte aux populations qui subissent déjà de plein fouet la montée du niveau des mers et les cyclones dévastateurs dopés par les énergies fossiles. Plutôt que de sacrifier les territoires d’Outre-mer, les responsables politiques feraient mieux de s’attaquer à la rente indécente des entreprises fossiles qui accumulent des bénéfices historiques au prix de notre avenir.
Bien que très tardive, l’opposition du gouvernement à cette proposition de loi est vitale. Si le texte devait arriver jusqu’à l’Assemblée, il appartiendrait alors aux député·es de faire barrage à ce retour en arrière et d’appeler à une révolution des énergies renouvelables. L’urgence est de tourner définitivement la page des énergies fossiles, pas d’en écrire un nouveau chapitre au mépris de la dignité des territoires et des populations ultra-marines. »
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